14 avril 2006
La Guerre des Sexes

Le printemps est une saison amoureuse pour tous les animaux. Mais l’amour chez les animaux présente des formes bien extravagantes et la guere des sexes dévoile tous les bizarreries du monde animal. Une sexualité débridée dont les anomalies interrogent Darwin et les théories actuelles de l’évolution. Les sexes ne sont décidemment pas d’accord. Les oiseaux perdent leurs couleurs, le rhinocéros expose sa corne agressive et les baisers servent à tester le système immunitaire. De l’homosexualité des lions à la multiplication des partenaires chez les lézards, le comportement sexuel des animaux nous entraîne de singularités en excentricités, révélant un peu de la vie érotique des humains.
Une somme d’informations qui incluent les travaux scientifiques des biologistes féministes. Mais surtout, à travers cette synthèse de la vie animale, le livre nous montre que c’est cette biodiversité amoureuse qui fait l’évolution, bouleversant une grande partie des théories actuelles.
Sommaire
L'orchidée Ophrys est une fleur sournoise. Son aspect contrefait la femelle d'un bourdon Osmia avec tant de perfection, avec tant d'ingéniosité que le bourdon connaît un irrépressible désir de déflorer la fleur. L'orchidée use d'un curieux stratagème pour se reproduire: la perfide invite les bourdons au sexe par ses couleurs et ses formes, et complète même sa supercherie en émettant les parfums de l'amour des bourdons. La co-évolution de la fleur et de l'insecte relève de l'influence contradictoire du sexe et des contraintes naturelles et complique singulièrement la compréhension de la mécanique évolutive. En outre, chez les bourdons, les mâles ne sont pas vraiment des mâles. Et quand bien même, comme chez les phasmes, les femelles peuvent s'en passer. L'un ou l'autre sexe n'y trouve guère son compte, et la sexualité de la fleur s'immisce dans la crise sexuelle des bourdons, dans la bataille entre les bourdons mâles et femelles.
Quoi? Le sexe ne composerait pas un événement harmonieux? L'épisode de la sexualité constitue l'un des principaux fondements de l'évolution biologique, probablement l'un des plus fascinants aussi. En introduisant une différence initiale entre deux sexes, l'aventure de la sexualité a profondément modifié le monde, et engagé une guerre, le conflit des sexes.
Préface
Avant-propos Une chronique des habitants de la lune…
Chapitre 1. La naissance de la tragédie
Chapitre 2. De l’origine du monde
Chapitre 3. "Au commencement était le sexe"
Chapitre 4. Les faveurs de Pimprenelle
Chapitre 5. Le Kama-Sutra des Grenouilles
Chapitre 6. La bataille du sperme
Chapitre 7. L’art délicat de la séduction
Chapitre 8. L’isolement amoureux
Chapitre 9. Jeux interdits
Chapitre 10. Les débuts de l’amour courtois
Chapitre 11. "Des sexes, je n’en connais que deux : l’un qui se dit raisonnable, l’autre qui nous prouve que cela n’est pas vrai" (Marivaux, le Prince travesti)
Chapitre 12. Le handicap des Martiens
Chapitre 13. La leçon des perroquets
Chapitre 14. Vénus et ses brouillards : on ne badine pas avec l'amour !
Chapitre 15. Les désordres de l’amour
Chapitre 16. Comment se doit de gouverner le prince.
Chapitre 17. Le dernier harem
Chapitre 18. Le domaine du cœur
Chapitre 19. Le charme discret de la monogamie
Chapitre 20. Les liaisons dangereuses
Chapitre 21. Pour quelques mâles de plus
Chapitre 22. "Qu’on ne peut donner si peu de puissance à l’amour qu’il n’en abuse" (Mme de Villedieu)
Chapitre 23. Le voyage à Lesbos
Chapitre 24. Le temps du couple à la Française
Conclusion: une lettre aux Sélénites
Remerciements
Illustrations
Références
Index des matières
Conceptions scientifiques
Se situant dans le droit fil d’une biologie théorique, Thierry Lodé élabore une pensée critique de la vision totalisante de la sociobiologie, de l’écologie comportementale et du néodarwinisme actuel.
La sexualité ne peut se réduire à la reproduction. Apparue précocement dans l’évolution, la sexualité serait une réplique des organismes à la présence de pathogènes. En facilitant l’évolution du système immunitaire, la sexualité se constituerait secondairement comme une entreprise de diversité. La nature ne retient pas d’autres normes que la diversité des conduites sexuelles.
Le baiser Thierry Lodé affirme que le french kiss a une autre fonction: celle de l'échange de salive, qui permet aux partenaires d'explorer le système immunitaire de l'autre et d'écarter les personnes qui ont une trop grande parenté génétique. Car, dans la logique de l'évolution, le partenaire idéal est celui qui apporte la diversité, garante de la santé de la progéniture. Son identification déclenche la suite du processus: le consentement amoureux, le désir (Cité par A Lietti dans le journal LE TEMPS [1]. A l'origine, cette exploration par la salive de l'intimité de l'autre apporte une détection de cette diversité du système immunitaire. Car le sexe est né de la lutte contre les pathogènes qui eux savent muter sans cesse. En diversifiant l'immunité de la progéniture, la sexualité répond aux pathogènes. Alors, par emballement, cela crée le désir. Nullement la progéniture, le désir....car cette exploration des salives permet d'être amoureux, quelque soit le sexe de l'autre.
La guerre des sexes apparait comme essentielle aux êtres vivants. La sexualité en partageant le vivant en deux entités entraîne un conflit sexuel évolutif, où chaque sexe contredit l’autre et fait de la résistance selon une stratégie de tir à la corde. A noter que Thierry Lodé prend ce terme sous une acceptation plutôt très large, incluant le conflit générationnel et peut être même la concurrence entre les espèces, se situant ainsi dans la lignée des théories de la coévolution insistant sur le rôle des interactions antagonistes. Il inclut une théorie de « l’amour libre. »
La spéciation sympatrique ou formation d’espèces sans rupture géographique au flux génétique, serait plus courante que ce que l’on pense. Un gradient de l’évolution qui irait de la sympatrie jusqu’à une allopatrie parfaite (séparation géographique), conduirait à l’apparition des espèces nouvelles. Ainsi, à partir de déplacements de caractères « la spécialisation phénotypique précède la différenciation spécifique ».
La séduction et la beauté, découlerait directement des bases biologiques du désir. Décrivant les caractéristiques extravagantes des animaux ou caractères hyperthéliques (la queue du paon) comme des stimulus supranormaux, Thierry Lodé en déduit que la fascination qu’ils provoquent proviendrait de traits biologiques anciens, produit d’une tendance évolutive à l’exagération. Un autre aspect de la beauté, définie à partir de caractères biologiques met en oeuvre, selon Thierry Lodé, le système immunitaire des partenaires sexuels, c'est l'attirance pour les traits symétriques. En effet, la symétrie bilatérale fondamentale du corps est altérée par des accidents de croissance souvent dus à des maladies, ce qui révèle l'affaiblissement du système immunitaire. En choisissant des partenaires sexuels aux traits symétriques, l'animal sélectionne un partenaire disposant d'un système immunitaire transmissible à sa progéniture et indemne de maladies. Les fluctuations asymétriques mettent en évidence l'état de santé et les faiblesses génétiques des partenaires.
La génétique: Thierry Lodé reproche aux théories de la sociobiologie (les théories du bon choix) de privilégier une approche fondée sur le tout génétique. Il n’y a pas de « bons gènes » non plus que tendance évolutive à chercher la meilleure reproduction. De nombreuses espèces ne ferait que de l’esbrouffe, du bluffe, ce que l’auteur nomme la « propagande de guerre ».
Le créationnisme essaye d’imposer un point de vue rétrograde, à travers l’hypothèse de l’ « intelligent design ». Pour Thierry Lodé, il s’agit d’un retour aux spéculations sectaires présupposant une direction au processus biologique.
La vie sociale: Refusant la théorie génétique de la parentèle, Thierry Lodé propose le conflit sexuel comme fondement du regroupement des individus.
L’homosexualité serait naturelle, directement issue de la séduction, et n’aurait pas de bases génétiques, mais ferait simplement partie des orientations possibles. Il ne s’agit donc pas d’une théorie de la bisexualité fondamentale comme chez les Freudiens, mais plutôt d’une théorie de la séduction.
La monogamie serait issue de la tendance des mâles à garder les femelles. La contrainte exercée par les conditions de l’environnement et entraînant une « destruction mutuelle assurée » favoriserait le maintien de la stratégie monogame dans l’évolution.
La biodiversité amoureuse: Le fondement du vivant, c’est que l’attrait amoureux construit de la biodiversité et que la diversité à son tour engendre de la diversité.
VOIR AUSSI LA LENTEUR DE L'ORNITHORHYNQUE chez versailles Eds
Publications
- La guerre des sexes chez les animaux, une histoire naturelle de la sexualité, éditions Odile Jacob (http://www.odilejacob.fr/), 2006 ISBN 2-7381-1901-8
- Les stratégies de reproduction des animaux, Éditions Dunod Masson Sciences, 2001
- Génétique des populations, Editions Ellipses, 1998
Notes et références
- ↑ Thierry Lodé et collaborateurs, 2004 Sex-biased pedation by polecats influences the mating system of frogs Proc Roy Soc 271 (S6):S399-S401
- ↑ Thierry Lodé "le droit d'être abolitionnistes" l'Endehors, Fév. 2008
- ↑ articles de Thierry Lodé dans l'Endehors
Liens externes
Las siete virtudes del amor libre
